A la rencontre des MENA

Ce 18 novembre 2014, nous sommes allés à la rencontre des MENA
(Mineur Etranger Non Accompagné) passer une journée entière avec eux au Centre ouvert de Neder-Over-Heembeek.


Dès notre arrivée sur les lieux, nous avons pu faire connaissance avec les bâtiments et les règles strictes. L’accueil est sympathique, mais les lieux sont froids.

Le centre ouvert

Le centre d’accueil de Neder-Over-Heembeek est l’un des deux centres spécialisés dans l’organisation du premier accueil de mineurs étrangers non accompagnés (Mena) en Belgique. Les jeunes y passent maximum un mois, après ils vont dans un autre centre ouvert où ils poursuivront leur parcours d’intégration.

C’est quoi un mena ?

Les mena, plus précisément les mineurs étrangers non accompagnés, sont des jeunes de moins de 18 ans, qui viennent en Belgique sans leurs parents ou tuteurs légaux. Ils proviennent généralement d’un pays hors Europe. Aujourd’hui, ils arrivent principalement d’Irak, de Syrie, d’Afghanistan, de Guinée Conakry... ou d’autres pays en guerre.

La rencontre

Peu après nous avons pris notre collation et les éducateurs nous ont expliqué le planning de la journée. Ensuite, nous avons été séparés par groupes de quatre et avons été rejoindre les MENA dans leur classe, avec notre professeur de création.

Les MENA sont arrivés assez nombreux. Ils sont plus ou moins quarante dans le centre. Ca dépend des arrivées, des départs, des saisons et des événements.

Les rencontres se sont hyper bien passées malgré la barrière de la langue. Au début c’était assez bizarre : on ne les connaissait pas, et puis c’étaient de jeunes issus de pays inconnus à nos yeux ! La Guinée Conakry ? L’Afghanistan ? La Somalie ?

Certains ont un vécu pas très joyeux, mais cela ne les a pas empêché de nous accueillir avec de la joie et de la bonne humeur. Puis, notre prof de création nous a mis à disposition le matériel qu’il fallait pour dessiner, peindre, etc... Et nous nous sommes mis à peindre, ensemble, ce qui nous passait par la tête tout en parlant avec eux...

Nous avons fait connaissance, grâce aux ateliers créatifs : le dessin cassait la frontière de la langue. Mais c’était frustrant : il n’y avait quasiment que des garçons et les quelques filles étaient super renfermées (à cause de leur vécu ?).

Les échanges

"J’étais avec un Somalien, j’ai oublié son prénom mais il était super "chouette", il est venu ici parce qu’il y avait la guerre chez lui et ses conditions de vie n’étaient pas superbes non plus. Il a 16 ans et rêve d’être footballeur." (Winnie)

"Quand nous avons été voir les mena, j’ai ressenti un malaise en voyant des jeunes fuir leur pays par peur de mourir ou d’être exploités par les gens de leur pays." (Marlon)

"Ils sont très courageux de finir ici tout seul ! Mon ressenti en résumé ? Bah, comparés à eux, on a une belle vie ; eux, ils n’ont pas eu de chance... Ca nous fait aussi réfléchir !" (Léonardo)

"Ma première impression au centre ouvert est que ça ne ressemble pas à un centre ouvert mais à un centre fermé : une fois à l’intérieur, j’ai ressenti de la tristesse de voir autant de jeunes loin de leur pays, leur famille... Mais on peut voir aussi de l’espoir dans tous leurs dessins..." (Timothée)

"J’ai vu beaucoup de talents, des gens qui savent parler plus de 4 langues ! Cette sortie était très spéciale : j’ai appris que j’ai de la chance d’avoir une famille et une maison, l’école, un futur,etc. Eux n’ont rien, ils doivent tout recommencer du début, avec l’aide du centre ouvert..." (Ramadan)

"Etre un mena, c’est toujours difficile parce qu’ils ont encore peur. Ici, ils ont un abri mais ils vivent avec les souvenirs de la guerre. Au centre, il y a des éducateurs attentionnés, mais ils n’ont pas leur famille à leur côté. A Bruxelles, ils ont commencé une nouvelle vie, avec des nouvelles opportunités, et aussi un nouveau sourire." (Keuryy)

La visite à l’école

Une semaine plus tard, ils sont venus à l’école et on les a accueillis comme ils nous avaient accueillis. On a fait des ateliers d’art : caméra, dessins, sérigraphie,etc...

A midi, on a tous mangé ensemble ; il y avait plutôt une bonne ambiance ! L’après-midi, on a visité la ville tous ensemble.

Ces jeunes ont souffert toute une partie de leur vie. Le fait d’être en Belgique, c’est un peu le paradis pour eux, ou quelque chose comme ça... Un nouveau départ ?